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Publié le par T

band energie

 

Fatigues physique et mentale, bien que d'origines diverses, sont intimement liées. Une simple autopsie de notre environnement physique, de notre mode de vie, suffit dans la plupart des cas à nous éclairer sur notre absence ou non de tonicité. La fatigue psychique quant à elle, de par sa nature subjective, est bien plus difficile à disséquer. Quoi qu'il en soit constatons simplement que la question de l'énergie est cruciale pour notre développement personnel ; indispensable notamment quand il s'agit de réfléchir, tant l'activité cérébrale demande de ressources.

 

Nos activités, nos rapports aux personnes, aux choses, aux idées, peuvent donc être considérés en terme de « flux d'énergie ».

Depuis quelques temps j'ai pris l'habitude d'aborder le monde de ce point de vue, tirant de cette approche des bénéfices appréciables. La méthode, simplissime, est la suivante: il s'agit de déterminer si l'objet que l’on se propose d’analyser se classe dans la catégorie "énergétique" ou "énergivore",  puis dans un deuxième temps de savoir si celui-ci est nécessaire ou non, et enfin agir en conséquence. Si, par exemple, je juge qu'une activité est énergivore et inutile je m'applique à y mettre fin quand bien même son maintient semblerait anodin, mon objectif étant d'éliminer ce qui m'épuise pour investir ailleurs l'énergie ainsi récupérée... Attention, quand je parle d'utilité il faut comprendre que je ne pense pas tant à ce qui m'est biologiquement nécessaire qu'à ce qui est profitable à mon évolution intérieure. Ainsi se rendre à une exposition, philosopher sous les étoiles avec un ami, voir un film, méditer, lire (…), peut d'un point de vue terre-à-terre être considéré comme inutile alors qu'au contraire j'estime cela comme étant essentiel à mon développement, à mon ouverture d'esprit (d'ailleurs dans ce cas il s'agit d'activités énergétiques et non énergivores). Concernant les relations humaines: si, comme à chaque fois, au sortir d'une conversation d'avec X vous vous sentez vidé(e), exténué(e), déprimé(e), alors il est temps de vous poser la question de l'utilité de cette relation. Vous me rétorquerez que parler d'utilité dans ce cas précis est une façon bien froide d'aborder les rapports humains ; mais ce cannibalisme psychique est-il acceptable de la part d'un conjoint, d'un(e) ami(e), d’un(e) collègue, d'un membre de sa famille? La parole peut désamorcer bien des tensions et couper les ponts n'est évidemment que l'ultime recours. Mais si cette personne ne veut toujours rien entendre malgré vos efforts pour lui expliquer qu'elle dévore votre énergie alors l'éloignement est, dans votre intérêt, hautement recommandable. Sauf si bien sûr vous trouvez un avantage "moral" à cette position de martyre... Au contraire si une personne, une activité ou une situation vous donne l'impression de remplir vos batteries alors il ne faut pas hésiter à exploiter le gisement. À condition bien sûr que ce transfert d'énergie ne se fasse pas au détriment de quelqu'un d'autre (la collaboration, l'entraide, la symbiose, sont tout à fait possible et il est temps de mettre fin à la dictature du « manger ou être mangé », vision caricaturale de la nature qui doit son succès à l'avènement de nos sociétés capitalistes)... Je vous laisse le soin de dresser pour vous-même la liste des situations se prêtant à expérience...


Notez bien qu'il ne s’agit pas d’une méthode philosophique, mais plutôt d’un préalable à tout travail de réflexion…

 

Il est facile de railler les gens peu ouverts d'esprit, peu enclins à méditer, qui se défendent en prétextant un manque de temps quand on les accuse de fainéantise, de déni, d’hypocrisie, etc (j’en sais quelque chose ayant déjà cédé à cette facilité). Ces raisons ne reflètent qu’une partie de la réalité, car il faut bien reconnaître qu'une personne "vidée" ne pourra pas réfléchir avec application, elle n'en aura tout simplement pas la force... Depuis quelques temps mes propres réflexions se sont faites en parallèle de ce grand ménage, faute de quoi je me serais éparpillé dans de multiples directions sans vraiment aller au bout des choses (comme c’était le cas pendant des années), dilapidant mon capital énergie. Suite à ce travail de tri énergétique (ainsi que par convictions) certains de mes proches, me voyant rejeter bons nombres des codes et activités de notre société de consommation, se sont gentiment moqués de mon ascétisme. Amusant mais inexact. L’ascétisme est un rejet de la réalité au profit d’une autre réalité prétendument supérieure et personnellement je n'ai nullement l'intention de délaisser cette terre au profit d'un quelconque arrière-monde. Il s’agit de privilégier la qualité à la quantité (alors que dans notre société de croissance plus = mieux), de profiter de l’essentiel et de se réapproprier son énergie vitale...

 

Si vous vous sentez concerné(e) par cet article, que vous ne disposez pas de l’énergie nécessaire pour penser le monde avec lucidité, dépassé(e) que vous êtes par les événements, je vous encourage avant toute chose à vous poser la question suivante "ai-je réellement envie de changer cette situation?". En effet vous pourriez très bien être satisfait(e) d'une vie de relative ignorance, rassurante au possible (c’est tout à fait respectable, à condition que vous en soyez conscient(e) et que vous l’assumiez). Dans le cas contraire il va vous falloir faire un peu de ménage. Pas besoin d’être devin pour voir que nous vivons une époque charnière de l’histoire contemporaine, il serait donc dommage de passer à côté par manque d’énergie…

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Arnaud 17/10/2010 23:50


Hello Mister T,
je suis d'accord en tous points de vue avec ton analyse. Et je dois dire que j'ai expérimenté plusieurs fois les situations que tu décris.

Autant j'ai pu me sentir vidé, aigri ou énervé après des conversations, sans doute anodines, avec des personnes généralement centrées sur elles-mêmes ou empêtrées dans des problèmes dont la source
semble évidente et qui vous transmettent leur stress ou leur mal-être; autant, avec des personnes calmes, posées et ouvertes j'ai pu avoir des discussions fort intéressantes qui m'ont vraiment fait
avancer, me faire prendre du recul et aussi me rendre compte que j'ai n'était pas seul à vouloir du changement et à voir un horizon commun différent de celui que l'on veut bien nous montrer
(médias, politique... je vais pas rentrer dans les détails ^^) Bref à avoir un sentiment bienveillant de lucidité, de clairvoyance.

Je voulais juste ajouter que parfois la fatigue psychique est liée à la fatigue physique et inversement.
Parfois, après une journée de travail éprouvante,stressante intellectuellement. J'ai l'impression que je ne peux plus rien faire à part aller me coucher. Mais cependant je me force à aller faire du
sport et revenant, détendu, je pourrais repartir travailler ou réfléchir à un sujet, gonflé de peps et d'énergie.

Et la vraie,bonne fatigue physique ( et non pas nerveuse) permet de mieux
dormir, de rêver à autre chose et donc de se régénérer pour avoir une énergie psychique revigorée le lendemain.

Je pense que pas mal de personnes ont dû se rendre compte de ça mais n'ont peut-être pas le recul nécessaire pour l'appliquer quand le besoin s'en fait sentir.

A bientôt,

Arnaud


T 18/10/2010 12:51



Mais je sais bien que tu as expérimenté tout ça, c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'ai écrit cet article : en observant les gens qui comptent pour moi ;-)
Ta pratique sportive est à classer dans la catégorie énergétique vu qu'elle t'apporte plus d'énergie positive qu'elle ne te coute en énergie musculaire (la "bonne fatigue" comme
tu l'appelles). Etre conscient de tout ça c'est bien ce qui te permet d'aller balancer du bandal chagi après une journée de taff éreintante. Après est-ce que ça te permet pour autant d'équilibrer
tes énergies? Ne faudrait-il pas quitter une certaine boite énergivore? Affaire à suivre...
A+



Jacinta Delapuertadelsol 15/10/2010 15:15


bravo pour avoir si bien analysé la différence entre l'énergie positive et l'autre ! je viens de découvrir cette communauté, récente blogueuse ;), ton article me fait penser que je vais y trouver
matière à rélfexion et partage :)
Amitiés
Jacinte


T 17/10/2010 14:27



Merci Jacinte. :-)


A bientôt j'espère...



Bérénice Tulle 03/10/2010 12:48


Salut T.
J'ai lu quelques uns de tes articles et je les trouve excellents. Peut-être, d'ailleurs, parce que je suis profondément de ton avis.
A propos de cet article, il me semble que la répartition de l'énergie de façon adéquate rejoint, en quelque sorte, la vision des stoïciens...

Enfin bref, si je puis me permettre un peu d'emphase, je serais tentée de dire : bravo et merci pour tes articles.

Bérénice


T 04/10/2010 13:46



Je n'avais pas fait le rapprochement avec les stoïciens. C'est vrai que ça y ressemble. Si je ne me trompe cette doctrine (que je ne connais pas très bien je dois avouer) prône le rejet des
passions? En ce qui me concerne je ne cherche pas à éradiquer ou dresser les passions, mais plutôt à les considérer avec lucidité, à déterminer si elles sont utiles ou néfastes à mon
développement.

J'avoue que c'est gratifiant et motivant de voir ses articles appréciés. Je viens de lire les tiens et je dois dire que c'est réciproque : ton blog est de qualité et je le suivrai avec intérêt.
Tout comme toi je suis conscient de vivre une époque charnière, d'être "profondément impliqués dans l’Histoire". Je me suis posé la question de savoir comment y participer. Sans argent,
sans piston, sans profession influente, difficile de se faire entendre. Je me suis alors tourné vers ce formidable outil qu'est internet. Je sais que mon propos est noyé dans un océan
d'informations, mais comme le Colibri de la légende je tiens à apporter ma modeste goutte d'eau. Je pense aussi que le changement doit débuter à l'échelle de l'individu et mon blog me permet de
concrétiser en partie ce travail personnel.


Merci d'avoir pris le temps de me lire, et à bientôt...