Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 20:12

bandeau déni

 

Vouloir comprendre le monde qui nous entoure est un exercice complexe, parfois ingrat, souvent épuisant, toujours déroutant tant il est facile de basculer de l’émerveillement à l’épouvante. Tâche bien trop effrayante et démoralisante pour bon nombre de personnes qui préfèrent, consciemment ou non, sombrer dans le déni, le fatalisme neurasthénique, voire le cynisme. Il est probable que l’Humanité, par son pouvoir sans précédent d’autodestruction, entame actuellement une période décisive de son histoire ; déterminante quant à son existence même. Seule une prise de conscience collective nous permettra, non seulement d’éviter le mur dans lequel nous fonçons, mais aussi de franchir un seuil évolutif ; de sortir pour de bon de cet âge obscur dans lequel nous pataugeons actuellement. À notre échelle l’« actualité », projection médiatique de la réalité, paraît bien sombre. Vouloir en discuter avec ses proches est un exercice périlleux tant les rôles de rabat-joie de service, de Cassandre, s’avèrent socialement pénalisants. L’éveil des consciences semble alors un souhait bien utopique.

Toutefois rien n’est perdu: il est tout à fait possible, par un travail énergique et sincère d’analyse (de soi, du monde), d’échapper aux émotions négatives qu’engendre habituellement notre confrontation au réel. De plus cette démarche, au-delà de son intérêt thérapeutique, ne se réduit pas à une simple question de curiosité, à une vulgaire lubie. L’enjeu est bien plus important qu’il n’y paraît ; ce désir sincère de compréhension étant une condition indispensable à l’élaboration de notre « liberté » et un outil nous permettant d’être acteurs de notre avenir en tant qu’espèce.

 

 

 

 

Embûches 

 

La « réalité » n’est ni bonne ni mauvaise, ni morale ni amorale, ne possède pas de « sens » transcendant et caché qu’il nous faudrait découvrir ; elle n’est qu’un flux permanent de données brutes que nous décodons/interprétons et auxquelles nous donnons sens à posteriori. À nous d’éviter fourvoiements et illusions. Pas si simple dans la pratique, car encore faudrait-il que l’information nous parvenant ne se soit pas dénaturée...

 

Constatons dans un premier temps que l’organisation de notre société n’incite pas au questionnement : dès l’enfance l’école, en cloisonnant le savoir, nous apprend non pas à réfléchir par nous-même mais bien à accumuler des connaissances non-discutables et déconnectées les unes des autres ; façonnant ainsi des « spécialistes » sans vision d’ensemble, incapables de recoller les différentes pièces du puzzle. La plupart des travailleurs n’ont guère de temps à consacrer au spirituel et préfèrent, le cas échéant, s’abandonner à des loisirs étrangers à la réflexion (donc encouragés par les pouvoirs en place). Les chômeurs, culpabilisés, infantilisés ; sommés, par une administration déshumanisante, de trouver un emploi ; ne peuvent penser en dehors du paradigme productiviste (je « suis » mon travail, donc si je n’ai pas de travail je ne suis rien). Les intellectuels (du moins ceux validés par le système) soucieux de préserver leurs prérogatives s’aventurent rarement en dehors des sentiers battus et les gens cultivés ne peuvent (par ignorance), ne veulent (par suffisance) ou n’osent (par peur d’être marginalisés), remettre en question cette intelligentsia. Les retraités, puits d’expérience (et autrefois de sagesse) auprès desquels les autres générations devraient puiser un savoir inestimable, sont considérés au mieux comme de simples consommateurs (tolérés parce qu’ils participent au PIB), au pire comme des bibelots encombrants, parqués s’ils sont impotents dans des maisons de retraite afin de bien les isoler de la population « active », etc. Ainsi donc sur le terrain de la réflexion nous partons tous avec un handicap évident.

Cette organisation sociale est-elle le résultat d’un calcul, un mécanisme d’asservissement, ou simplement une fâcheuse conséquence de notre modèle occidental, un dégât collatéral ? Je laisse à d’autres le soin de développer cette question fort intéressante et me contente ici de dresser un constat sociétal. Et puis il n’est pas indispensable d’invoquer conspirations & complots pour parler de manipulation :

 

À différentes échelles (individuelle/collective) journalistes, politiciens, enseignants, industriels, syndicalistes, publicitaires, dignitaires religieux, intellectuels (…) proches, collègues, voisins (…) tous ont des raisons (bonnes ou mauvaises, conscientes ou inconscientes) de manipuler la réalité.  Vous aussi, avouez-le, trouvez quelquefois un intérêt pratique à modeler l’information : Aussi insignifiant soit-il un simple petit mensonge est déjà une déformation de la réalité. On peut être de bonne foi et n’être coupables que d’un aveuglement passionnel ou d’un excès de bienveillance (mentir pour le bien de…), mais aussi manipuler l’information dans un but bien précis, souvent peu louable. Aux échelons supérieurs, en termes de pouvoir, nombreux sont ceux qui souhaitent vous voir abdiquer, certains s’activant même en ce sens afin que vous ne dérangiez pas leurs intérêts et ne perceviez pas les vrais enjeux. Quelques exemples de procédés utilisées pour vous égarer : Utilisation d’un jargon technique opaque réservé aux initiés (très en vogue chez les économistes), humiliation (si je ne comprends pas c’est que je n’ai pas le niveau intellectuel), culpabilisation (voir ici), infantilisation, intimidation/menaces, appel aux émotions primaires plutôt qu’à l’argumentation (instrumentalisation des « faits divers »), désignation de boucs émissaires (les « RSAstes », les musulmans, les « souchiens »[sic], les chinois, les frontistes, les Roms…) afin de canaliser colère & frustration, etc. Dans ce contexte de manipulation généralisée la compréhension du monde qui nous entoure s’apparente à un véritable parcours du combattant. Il est alors bien normal de voir tant de gens baisser les bras devant la complexité de la tâche.

 

Démasquer les impostures ne demande pourtant pas d’intelligence particulière ; par contre il est nécessaire de cultiver le doute, d’être curieux, vigilant et ouvert d’esprit. Rassurez-vous, ces caractéristiques ne sont pas innées, elles se travaillent.

Si vous débutez et ne savez pas par où commencer entrainez-vous, par exemple, à l’analyse de JT (ou d’articles de presse) > Ne vous intéressez pas à l’info en elle-même mais à la manière dont elle est amenée : choix des mots (sont-ils chargés négativement, positivement ? Pouvait-on utiliser un autre vocabulaire ?), choix des images (déclenchent-elles des réactions émotionnelles fortes ? Dans ce cas mes émotions orientent-elles mon point de vue ?), gestuelle, intonations, etc. Pratiquez pour vous-même, sans chercher ni à confirmer vos propres convictions, ni à convaincre qui que ce soit, ni à découvrir la « vérité » à tout prix, mais considérez cela (dans un premier temps en tout cas) comme un exercice, un équivalent intellectuel du footing quotidien. Et surtout reprenez confiance en vos capacités d’analyse car vous possédez largement assez de neurones ; ceux qui suggèrent le contraire ont intérêt à ce que vous n’y regardiez pas de trop près.

 

Cette confiance fraichement acquise ne suffit toutefois pas, je vous l’accorde, à effacer l’angoisse et tout claustrophobe que vous êtes vous n’échapperez pas à un peu de spéléologie…

 

 

 

Douloureuse introspection 

 

Savoir démasquer la propagande, les mensonges, les manipulations, est appréciable, mais insuffisant. Comment en effet ne pas déprimer, noyés que nous sommes sous un flot d’informations, lesquelles sont plus effrayantes les unes que les autres : Guerres, crise économique, corruption, pollution, pandémies, famines, etc.

Suffit-il à un arachnophobe de nier l’existence des araignées pour en finir définitivement avec son angoisse ? Lui suffit-il de tuer toutes les araignées existantes au monde pour ne plus frissonner devant une photo de tarentule ? Les arachnophiles sont-ils humains ? Questions absurdes en apparence, qui portant nous révèlent une chose: ce n’est pas l’objet qui crée la phobie, mais quelque chose en nous que l’on projette à l’extérieur. L’objet n’est finalement qu’un révélateur. La réalité n’est ni bonne ni mauvaise, elle est neutre, se contente d’être, et ne prend sa charge négative/positive qu’une fois traitée par notre cerveau, tamisée par nos particularismes psychologiques (valeurs, sensibilité, expériences, culture, etc). Notre perception du monde est donc directement liée à notre vécu, à notre psychologie personnelle. Ainsi avant même de vouloir changer le monde il serait bon de jeter un œil à nos mécanismes internes (et d’éviter, de ce fait, de mettre la charrue avant les bœufs).

 

Notre attitude face au réel, notre désir (ou absence de désir) de comprendre, révèlent nos forces et nos faiblesses, font affleurer nos insuffisances, nos incohérences, nos peurs profondes. Le « sens » se trouve en vous-même et non à l’extérieur et vous n’échapperez pas au nécessaire travail d’introspection. Par conséquent au lieu de vous demander « pourquoi la réalité est-elle effrayante ? » posez-vous plutôt la question :

 

                                       « Pourquoi ai-je peur de la réalité ? » 

 

Nos vécus diffèrent tant les uns des autres qu’il semble douteux de vouloir généraliser. L’explication unique n’existe pas, certes, mais il est toutefois possible d'explorer quelques pistes. L’homme est biologiquement égoïste,  naturellement porté à sa propre préservation et, par extension, à celle de sa famille (préservation du patrimoine génétique). Le contexte culturel (religion, organisation de la société, philosophie, histoire, etc) peut atténuer ou exacerber cet égoïsme vital ; l’élargir (village, clan, ethnie, culture, nation) ou le rétrécir (l’individu). Et en ce qui nous concerne dire que notre société occidentale, comparée aux autres, est individualiste, n’est plus à démontrer. De cet excès d’individualisme naît une conception déformée de notre propre valeur : nous sommes uniques certes, mais bien plus que cela nous sommes exceptionnels ; et plutôt que d’être un élément quelconque parmi d’autres notre moi hypertrophié se place au centre du système, la réalité se contentant de tourner autour. Croire à un destin privilégié (pour soi, sa famille, voire son peuple), à son ange gardien ou à sa bonne étoile relève d’une forme spiritualisée d’égocentrisme (« Moi seul suis protégé(e), moi être unique», les catastrophes, les accidents, la mort, n’arrivant bien évidemment qu’aux autres). Quand bien même vous seriez rejeté(e), considéré(e) comme un(e) moins-que-rien (et peut-être convaincu(e) vous-même de l’être), vous n’en subiriez pas moins le diktat social de l’individualisme (« je dois tout faire pour devenir quelqu’un »). Il est possible de décréter que c’est votre destin d’être malheureux(euse), préservant ainsi, en négatif, le statut d’être d’exception...

Mais à moins de vivre dans une bulle hermétique notre vision de nous-mêmes finit toujours par heurter la réalité - accident, perte d’un proche, solitude, échecs à répétition, etc - et nous finissons tôt ou tard par en souffrir. Sur le court et moyen terme la souffrance est normale, mais sur le long terme elle révèle bien souvent une incapacité à faire face, un défaut d’acceptation. Vous pressentez certaines vérités mais ne voulez abandonner vos illusions et de cette contradiction naît votre malaise existentiel. Errer dans cette zone floue entre lucidité et déni ne peut qu'aboutir à une peur généralisée. Se confronter à la réalité, sincèrement, profondément, est la seule solution. Tâche difficile je vous l'accorde, car cela revient à admettre sa propre insignifiance (je ne suis plus le centre du système, mais un simple sept milliardième de l’humanité, mon existence n’est pas plus importante que celle d’un paysan Bangladeshi ; et à l’échelle de l’univers, pas plus importante que celle du pigeon posé sur le bord de ma fenêtre ou que le sucre dans mon café), accepter d’être mortel(le), à admettre de pouvoir perdre un proche à tout moment, de n’être ni omniscient(e) ni omnipotent(e), de n’avoir qu’une marge très limitée de liberté, d’être (en partie) le fruit de déterminismes biologiques, culturels, familiaux, etc. Ces découvertes sont toujours douloureuses, traumatisantes pour certains, mais il ne faut pas les fuir, car il s’agit d’un mal nécessaire. Considérez cela comme une phase de votre développement ; l’introspection permet de découvrir la source de nos angoisses ; elle est une étape indispensable sans laquelle aucun progrès ni personnel, ni civilisationnel, n’est possible.

 

L’erreur serait de croire que cette acceptation de la réalité relève finalement d’une forme de défaitisme, de fatalisme. Il n’en est rien car être fataliste c’est encore croire au destin, à un monde où tout est écrit d’avance, où tout se fait « sans nous »; Il ne s’agit donc pas de baisser les bras, mais de jauger nos capacités réelles, de distinguer ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous, ce qui est faisable de ce qui est impossible, ce qui est inéluctable de ce qui est évitable, et d’agir en conséquence.

« Je n’y peux strictement rien, soit ! Pourquoi m’en faire ?

J’y peux quelque chose ? Alors pourquoi me plaindre si je peux agir ? »

Ne plus avoir peur nécessite donc de reconnaître nos limites, d’accepter la réalité, l’aimer même, y compris dans ce qu’elle a de plus tragique ; et cette acceptation véritable, sereine, n’est possible qu’une fois engagée une réelle introspection, motivée, aussi exhaustive que possible, qui ne se cache pas derrière de faux prétextes, qui ne laisse rien de honteux dans l’ombre (la honte n’a pas sa place ici, elle est contre-productive). Mais comment parler de sérénité quand on perd un proche, quand sa maison vient de brûler (...) ? Evidemment il ne s’agit pas de traverser les pires épreuves de la vie le sourire aux lèvres, impassible, insensible. Aucune sérénité, aussi profonde soit-elle, ne nous met à l’abri du malheur, ce n’est d’ailleurs pas son but. Le deuil, la tristesse, l’indignation, sont tout à fait naturels et ne sont pas contraires au travail d’acceptation. L’introspection ne vise pas l’indifférence, mais la lucidité : en nous révélant une vision juste de nous-même et du monde elle dissout nos illusions, sources de nos tourments (car celles-ci, heurtées de plein fouet par la réalité, créent de douloureuses incompréhensions - « pourquoi moi ? Pourquoi eux ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Ce n’est pas juste. Ça n’a aucun sens »).

 

 

 

Plus de Liberté

 

Se libérer de l’angoisse est en soi un objectif appréciable du travail d’introspection, mais il en est un autre au combien précieux qu’il est nécessaire d’évoquer ici (d’autant plus qu’il est considéré, à tort, comme acquis pour tout le monde): l’exercice ne notre Liberté.

Si je vous dis que vous n’êtes pas libres vous me rétorquerez qu’en cet instant rien ne vous empêche de dire ce que vous voulez, de penser ce que vous voulez, de choisir en toute liberté vos vêtements, votre mode de vie, de vous lever de devant cet écran et de vous rendre où bon vous semble. Effectivement sous cet angle vous êtes libre, mais de la liberté il faut admettre qu’il s’agit là d’une version restreinte qui, de plus, laisse dans l’ombre bon nombre de paramètres déterminants : au cœur même de cette liberté s’entremêlent en effet désirs, caprices, conformismes, illusions (...) Notre marge de manœuvre est bien plus limitée qu’il n’y parait. Constat prêtant finalement peu à conséquence pour les actes du quotidien ; mais qu’on ne peut ignorer quand il s’agit de prendre des décisions autrement plus importantes. Pour vous aider à gagner en autonomie je vous propose la méthode suivante > Essayez, quand vous estimez penser/agir/parler/choisir en toute liberté, de répondre aux deux questions suivantes:

 

1) «quels sont les déterminismes qui peuvent influencer ma démarche?»

2) «ai-je une vision objective de l’objet sur lequel j’exerce ma liberté?»

 

La première question a pour objectif d’identifier ce qui en nous et hors de nous influence, sans que nous en ayons conscience sur l’instant, notre prise de décision. La deuxième vise à évaluer la pertinence de notre jugement. Introspection et analyse de l’information nous permettent de répondre à ces deux questions (cf paragraphes précédents donc).

Prenons un exemple symbolique > Il vous est présenté deux boites. L’une ornée d’un canard, l’autre d’une araignée. On vous demande d’en choisir une. Vous ouvrez la première: Boom! Cette boite contenait un puissant explosif. Peut-on alors dire que vous avez «choisi librement» de mourir ? Réponse affirmative si on se réfère à l’usage habituel du mot « liberté ». En vous posant les deux questions qui fâchent vous vous seriez rendu compte que:

1) vous êtes arachnophobe et avez inconsciemment choisi la deuxième boite pour ne plus avoir à croiser du regard l’horrible bestiole.
2) vous n’aviez aucune idée de ce que renfermaient les boites et donc aucune idée de l’enjeu de votre choix...

Dès lors vous auriez pu, entre autre:
-Vous convaincre que l’image de l’araignée n’ayant, à priori, aucun rapport avec le contenu de la boite, ne doit pas influer sur votre choix.
-Demander à l’expérimentateur ce qu’elles contiennent.
-Vous interroger sur la probable manipulation de la part du testeur (connaît-il votre arachnophobie ? En joue-t-il ?).
-Refuser l’alternative et vous en aller.

 etc

                 Dans tous les cas votre action pourrait alors prétendre à un degré bien supérieur de liberté.

 

Vous l‘aurez compris l’objectif n’est donc pas une liberté totale, mais une liberté accrue. But qui ne peut être atteint sans un désir sincère de compréhension (à défaut d’une compréhension totale, bien évidemment impossible). Sans cela nos actes sont teintés d’arbitraire et nous ne pouvons prétendre les qualifier de libres.

 

 

 

Construire l’Humain, sauver l’Humanité 

 
 Il n’est pas nécessaire d’attendre la paix intérieure pour vous intéresser au monde qui vous entoure, au contraire il est même essentiel de vous y mettre sans plus attendre, malgré la peur, tant cette démarche se révèle être vitale quant à l’avenir de l’humanité (et de notre écosystème soumis à nos caprices). Incompréhensions, illusions, ignorance, manipulations, peurs infondés (...) sont à l’origine de nombreux maux. Ainsi l’éveil des consciences est une nécessité historique et cette quête lucide de vérité doit donc être considérée comme une étape essentielle, primordiale, à l’élaboration d’une Humanité viable.

Nous ne sommes pas « maîtres et possesseurs de la nature » et la prétendue supériorité naturelle de notre espèce est une des nombreuses illusions qu’il nous faut démasquer (autant du côté des croyances traditionnelles que de la technoscience). Que cela ne soit pas cause de déprime/défaitisme ; ne pleurons plus sur  ce que nous aurions perdu mais réjouissons-nous de ce que nous avons à gagner en fixant de façon durable et sincère ces qualités que nous, Humains, pensions posséder naturellement sans faire le moindre effort. Pour nous aider dans cette tâche reconnaissons que notre espèce est belle et bien supérieure aux autres formes de vies terrestres sur un point précis : le développement de son cerveau, et plus particulièrement son cortex cérébral, « siège des fonctions neurologiques élaborées (...) de l'intelligence, du mouvement volontaire, de la conscience, de la sensibilité etc. »(cit). Cette particularité nous a permis, entre autres, de développer un langage élaboré, de prendre conscience de notre conscience, de créer des biens culturels sans finalité utilitaire/biologique, d’analyser nos mécanismes psychologiques, de reconnaître nos déterminismes, de penser à long terme, etc. Malgré nos erreurs, malgré nos errances, soyons fiers de cette singularité humaine. Constatons et agissons.

 

Être capable d’anticiper les conséquences de nos actes en nous projetant dans l’avenir est une qualité précieuse. Ainsi il nous est possible de bâtir notre avenir non seulement dans une optique de survie, mais aussi selon des principes éthiques, écologiques (dans son sens le plus large), philosophiques. N’est-ce pas finalement le point le plus passionnant de l’aventure humaine?

Nous sommes désormais sept milliards sur cette terre, et face à ce chiffre effrayant il vous paraît peut-être impossible, absurde, d’espérer changer quoi que ce soit à l’ordre des choses. À l’échelle planétaire notre marge de manœuvre individuelle est certes bien faible, toutefois à petite échelle nous avons un pouvoir considérable. Il vous suffit de convaincre (pour peu que vous soyez entourés de gens qui vous aiment, ou du moins vous apprécient, vous respectent) quelques personnes de votre entourage qui deviendront du coup les ambassadeurs des idées que vous avez partagé avec eux. À leur tour de convaincre d’autres personnes. Une idée, une philosophie, peuvent ainsi se propager bien plus vite que vous ne l’imaginiez (à plus forte raison depuis l’avènement d’internet). Notez que « convaincre » ne signifie pas forcément persuader par la parole, car si vous appliquez à vous-même les préceptes que vous défendez, votre vie deviendra alors le meilleur des arguments pour les gens qui vous apprécient. L’exemple est souvent bien plus éloquent que les mots (pas besoin donc d’être un as de la rhétorique). La sincérité de la démarche est dans ce cas toute aussi importante (si ce n’est plus) que le but que vous vous êtes fixé ; mauvaise foi, hypocrisie, duplicité, prosélytisme agressif, nuisent bien plus à une cause que ses détracteurs.
Sans cette sincérité aucun changement profond & durable n’est possible. 

 

 

                                                                                             

 

                                                   

En guise de conclusion:

 

Se libérer de l’angoisse, se confronter au réel, l’accepter, l’aimer même pour le meilleur et pour le pire, reste impossible pour qui n’est pas prêt à accueillir les révélations existentielles qu’implique toute quête de vérité. À long terme vous ne pourrez donc échapper au travail d’introspection seul à même de donner « sens », au plus profond de vous-même, à ce plaidoyer. Vous devez ressentir la pertinence de ces lignes en profondeur, viscéralement et non les valider rationnellement, ce qui n’aurait strictement aucun effet sur votre travail d’acceptation du réel et risquerait même de créer de la frustration (« Je comprends ce qui est dit, ça se tient. Et pourtant je reste angoissé(e) »). Toutefois, que cela ne vous empêche pas d’agir dès à présent pour ce que vous croyez juste ; et si malgré tout vous n’êtes pas convaincu ne vous découragez pas : amorcez (où reprenez) ce travail d’analyse avec rigueur, sincérité et motivation et vous découvrirez alors:

Qu’il est possible d’échapper à la peur. Que cette lucidité nouvelle, fruit de l’introspection menée à bien, vous permet de vivre intensément l’instant, de vous libérer de vos chaînes mentales, d’acquérir sans faux-semblants tolérance, humilité, respect de la vie, nés de la conscience aiguë d’appartenir à un tout (d’en être qu’un simple élément mais d’œuvrer à sa complexité), de privilégier le positif sur le négatif («le verre à moitié plein»), d’estimer la réalité pour ce qu’elle est : source de vie et de créativité ; d’aimer l’avenir (le vôtre, celui de l’humanité, de notre planète) pour ses potentialités et ce malgré les menaces du présent.

De redonner sens à l’action individuelle, aussi insignifiante semble-t-elle.

                D’accéder à une sérénité non feinte et durable, source de joie, de sagesse.

Enfin, de permettre à notre espèce de franchir un seuil évolutif.

Mission pour laquelle nous avons tous un rôle à jouer.





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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 15:24

band choix 2

 

« tu n'as pas le choix! », point final de nombreuses conversations, conclusion de maintes réflexions, formule magique sensée nous familiariser à l'idée qu'il y a des choses pour lesquelles on ne peut rien. Et pourtant, aussi invraisemblable que cela puisse vous paraître on a toujours le choix! Évidemment il ne s'agit pas de refuser de subir la gravité, ou de "décider" de marcher sur l'eau, ne tombons pas dans le burlesque ; mais de s'intéresser à nos choix personnels...

Houleux débat autour du passé d'un haut dignitaire religieux ayant appartenu aux jeunesses Hitlériennes. Les défenseurs de Benedictus2x8 (que nous appellerons ainsi, eut égard à son anonymat) affirment que cette organisation militaire était obligatoire et qu'il n'avait, par conséquent, pas le choix. Rien n'est plus faux : Benedictus2x8 avait le choix! Avait-il le recul nécessaire pour juger de la situation? Le cas échéant était-il prêt à subir les conséquences d'un refus d'obtempérer? A-t-il commis un crime au nom de cette organisation? Voilà des questions pertinentes. Toutefois rassurez-vous je n'ai ni l'intention, ni la supériorité morale, ni les connaissances biographiques, pour débattre de ce sujet. Il ne s'agit que d'un exemple (parmi tant d'autres) utile à ma démonstration.

L'alternative trompeuse entre avoir et ne pas avoir le choix nous masque le cœur du problème et nous empêche de nous poser la bonne question, à savoir : « sommes-nous prêts à en accepter les conséquences? »...

L'exemple le plus extrême pourrait être le suivant: "pourquoi respires-tu? / je suis obligé, je n'ai pas le choix". Et bien détrompez-vous, vous avez le choix! Vous pouvez décider de ne plus respirer mais devez alors accepter d'en mourir. Pas très funky comme expérience (que je vous déconseille d'ailleurs). Si vous avez le choix dans un cas aussi extrême alors que penser des situations bien moins létales de votre vie quotidienne? Décisions professionnelles, vie de couple, rapports familiaux, lieu de résidence, choix de carrière, questions éthiques, dépendances (...) autant de domaines où vous pensiez peut-être ne pas avoir le choix. Reconsidérez alors ces questions à la lumière de ce que nous avons vu précédemment et vous constaterez que le vrai problème est celui de la responsabilité. Précisons qu'il ne s'agit pas d'un jugement moralisateur mais d'une incitation à la lucidité. Et puis pour ma part, n'étant pas un sage|saint|héros|membre du PS (rayez les mentions inutiles) je ne peux prétendre vous donner de leçons. 

Notre société ultra-individualiste dans l'incohérence de son adolescence a accouché d'un paradoxe (encore un) : celui de faire cohabiter désir de liberté totale et désir d'irresponsabilité. Quoi de plus grisant que la Liberté et quoi de plus effrayant que la responsabilité? Comment ménager la chèvre et le chou? Et bien en décrétant que dans certains cas nous n'avons "pas le choix", le répéter à l'infini et finir par s'en convaincre. Mais tant d'incohérences ne pourront éternellement cohabiter sans mener notre civilisation à la catastrophe. Admettre que nous avons toujours le choix ne nous aidera pas à prendre de meilleures décisions, ni ne nous délivrera de la peur des conséquences, mais nous permettra en tout cas de prendre conscience de l'importance cruciale de la responsabilité personnelle quant à l'avenir de notre société, de notre espèce et donc de notre écosystème, esclave de notre bon vouloir.


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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 14:20

band fragment2010

 

« Il y a de grands avantages à se retirer du jour de son temps dans une forte mesure, et pour ainsi dire à se laisser entraîner loin de son rivage sur l'océan des conceptions passées du monde. De là, regardant vers le rivage, on en embrasse pour la première fois sans doute la configuration d'ensemble, et quand on s'en rapproche, on a l'avantage de le comprendre mieux en totalité que ceux qui ne l'ont jamais quitté.  »

                                                                                                 Nietzsche - Humain, trop humain


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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 06:10

exoplanete

 

Il y a tout juste 15 ans de cela, le 6 octobre 1995, fut découverte la première exoplanète, 51 Pegasi b. L’occasion rêvée pour y consacrer un petit article et ainsi faire le point sur la recherche actuelle.

 

- Qu'est-ce qu'une exoplanète?

Une exoplanète est une planète située hors du système solaire, gravitant autour d'un autre soleil que le nôtre ("exo-" en grec signifiant "hors de"). On parle aussi de planète extrasolaire. Pour le commun des mortels les planètes sont de petites sphères rocheuses où l'on peut "poser" le pied, comme Mars par exemple. En considérant notre système solaire (voir ici) vous remarquerez quatre planètes plus grosses que les autres. Ce sont des "géantes Gazeuses". Les caractéristiques principales de ce groupe de planètes sont contenues dans cette appelation: elles sont donc géantes et gazeuses (on ne peut pas y "poser le pied", enfin je vous le déconseille). Jupiter, la plus volumineuse des quatre, est énorme comparée à la terre. Elle pourrait en effet contenir plus de 1000 exemplaires de notre petit caillou!.. Cette toute première exoplanète découverte, 51 Pegasi b (en référence à son soleil 51Pegasi, situé dans la constellation du pégase, d'où son nom) est elles aussi, comme la grande majorité des 490 autres planètes découvertes à ce jour, une géante gazeuse (oui vous avez bien entendu, presque 500 planètes, en seulement 15 ans !).

 

Les rescapés de cette introduction, ceux qui n'ont pas sombré dans un sommeil profond, se posent sans doute la question suivante : Pourquoi ne découvre-t-on que des géantes gazeuses et pas des planètes comme la terre?

L'exoplanétologie est une science très jeune. Que la plupart des exoplanètes découvertes à ce jour soient des géantes gazeuses n’a aucune valeur statistique, mais est tout simplement dû à notre limitation technologique. Pour faire simple : il ne suffit pas de balader de grosses jumelles pour trouver une planète, car pour cela il nous faudrait de biiieeeeen plus grosses jumelles. Sauf pour quelques rares exceptions (dues à des conditions particulièrement favorables) nos yeux ne sont pas encore assez perçants pour les voir : trop lointaines, trop peu lumineuses, éblouissement dû à leur soleil trop proche. Comme le dit Michel Mayor, heureux papa de 51 Pegasi b : « Imaginez une bougie placée à un mètre d'un phare de marine et vous essayez de la voir depuis une distance de 1000 km. La lumière du phare rend évidemment la bougie totalement invisible »... En attendant d’avoir une paire de Mégajumelles sous le sapin les scientifiques sont obligés d’emprunter des chemins détournés.

 

 

- Comment découvre-t-on une exoplanète?

Le transit :

Observons un maximum d’étoiles pendant des années ; la baisse temporaire et périodique de la luminosité de l’une d’elles nous indique qu’une planète est passée devant (voir schéma), comme lors d’une éclipse. Cette technique, la plus simple en apparence, permet de connaître assez précisément la taille et la masse de l'objet en question mais possède de nombreux défauts : premièrement il faut que cette planète passe entre nous et son soleil, ce qui limite considérablement le nombre d’objets observables (lancez une centaine de vinyles en l’air, prenez une photo : vous en verrez au final assez peu par la tranche). Deuxièmement il faut que cette planète soit suffisamment grosse pour que la baisse de luminosité soit observable. Nos instruments sont assez sensibles, mais les perturbations dues à notre atmosphère (responsables du scintillement  des étoiles) nuisent aux mesures les plus fines. L'observation spatiale permet de remédier à ce dernier problème, mais à défaut d’avoir un télescope dans l’espace (nous verrons ça plus loin) les scientifiques privilégient la technique suivante.

Vitesse radiale :

Vous avez sans doute remarqué l’étrange variation sonore de la sirène d’un véhicule de pompier passant dans la rue. Quand il s’approche le son est plus aigu, quand il s’éloigne plus grave ; c’est ce que l’on appelle l'effet Doppler. Quand vous déplacez votre doigt à la surface de l’eau les ondes sont plus compressées à l’avant qu’à l’arrière ; il en va de même pour le son : celui-ci est compressé à l’avant du véhicule en mouvement et dilaté à l’arrière (voir schéma). Notre perception du son est directement liée à la fréquence : ondes contractées = hautes fréquences = sons aigus / ondes dilatées = basses fréquences = sons graves. Voilà pourquoi le son de la sirène est plus aigu à l’approche et plus grave quand le véhicule s’éloigne. Il suffit pour comprendre la suite de savoir que la lumière se comporte comme une onde et que le phénomène de la sirène de pompier est comparable en optique. La lumière visible par l’œil humain s’étale du rouge au violet (couleurs de l’arc en ciel). Les ondes sont plus rapprochées en allant vers le violet et plus dilatées en allant vers le rouge (voir image). Ainsi, à l’instar de notre véhicule de pompier, un objet lumineux en mouvement voit son "spectre" (sa signature lumineuse en quelque sorte) dévier vers le violet quand il s’approche de nous et vers le rouge quand il s’éloigne. C’est en exploitant ce phénomène que l’on peut découvrir des exoplanètes par la méthode des vitesses radiales. On observe un maximum d’étoiles et quand on en trouve une dont le spectre varie périodiquement, tantôt vers le rouge, tantôt vers le violet, c’est qu’il y a de grandes chances que ça soit dû à l’attraction causée par une grosse planète (voir cette image et celle-ci). Le gros avantage de cette méthode c’est de permettre de découvrir bien plus de planètes qu’avec la technique précédente. Inconvénients : la planète en question doit être très massive et très proche de son étoile pour que son influence soit détectable, ce qui limite nos découvertes à des géantes gazeuses bien moins vivables que Jupiter (déjà pas très folichon) étant donné leur brûlante proximité d’avec leur soleil. Il est nécessaire aussi que le mouvement de va-et-vient de l’étoile se fasse dans notre axe de visée… C’est par cette méthode qu’a été découvert 51 Pegasi b ainsi que la plupart des exoplanètes connues à ce jour (d'où la majorité de géantes gazeuses).

Astrométrie :

Tout comme la méthode précédente celle-ci se propose d’observer les mouvements d’une étoile, mais en dehors de l’axe de visée cette fois-ci.  Le va-et-vient est alors directement visible : on voit l’étoile bouger. Avantage : contrairement aux deux méthodes précédentes pas besoin d’observer le système planète-soleil par la tranche. Inconvénients : le système ne doit pas être vu par la tranche mais par le haut, ce qui limite aussi le nombre de planètes détectables. De plus les perturbations atmosphériques introduisent un biais, rendant très difficile ce genre d’observation.

Microlentilles gravitationnelles :

Technique la plus compliquée à comprendre, je vais donc faire court. Tout objet possède sa gravité (soleil, terre, etc). Celle-ci agit sur la matière, mais aussi sur la lumière en influençant la trajectoire des rayons lumineux. Ainsi il est possible d’observer des variations de luminosité voire des "mirages" (comme sur cette image), nous permettant dans certains cas de déterminer la présence d’une exoplanète invisible à l’oeil. Inconvénient : il faut un relatif alignement de deux étoiles pour espérer voir la lumière de celle en arrière plan déviée par une planète proche de l’étoile au premier plan. Cette technique, bien que limitée, a le gros avantage de permettre de détecter des planètes bien plus petites qu’avec les méthodes précédentes.

 

 

- Où en est-on aujourd'hui? 

Deux télescopes spatiaux, Corot et Kepler, ont actuellement pour mission de défricher le terrain, d’observer (par la méthode de transit) une large zone du ciel et de proposer des candidates aux télescopes terrestres qui ensuite les valident ou non. Ils ont les mêmes objectifs mais ne sont cependant pas en concurrence car observant des secteurs différents.

Corot, télescope spatial Franco-Européen lancé en décembre 2006, est le premier dédié à la recherche d’exoplanètes. 15 planètes « validées » ont été découvertes par ce satellite dont la mission a été prolongée de trois ans. La plus petite, Corot-7b, est une planète rocheuse de seulement 1,7x la terre (mais bien trop proche de son étoile pour être vivable)!

Kepler, lancé en mars 2009 est entièrement dédié à la recherche de planètes extrasolaires. Son miroir trois fois plus grand que celui de Corot (1m contre 30cm) rend possible la détection de planètes semblables à la nôtre. 7 exoplanètes « confirmées » lui sont attribuées, ainsi que 700 candidates !

 

 

- Et l’avenir?

La détection indirecte est loin d’avoir dit son dernier mot, en témoigne par exemple le projet SIM(Space Interférometry Mission) de la Nasa  ou encore Gaia de l’agence spatiale Européenne. Cependant L’avenir est à l'observation directe qui nous permettra de découvrir des planètes semblables à la nôtre, des "exoterres", habitables voire habitées (avec un peu de chance).

L’observation directe :

Darwin verra le jour en 2025, sous réserve d’acceptation du projet par l’agence spatiale Européenne. Cette flottille de télescope spatiaux devrait nous permettre d’analyser avec assez de précision l’atmosphère des exoplanètes, y détecter des « biosignatures » (= des indices d’activités biologiques : Oxygène, eau, dioxyde de carbone, ozone, etc). 

TPF pour Terrestrial Planet Finder est un projet similaire de la Nasa. Calendrier plutôt flou (annulé en 2007 sous la précédente présidence américaine. Définitivement ou en standby ?)…

JWST pour James Webb Space Telescope est un projet bien concret celui-là, dors et déjà en cours de fabrication. Doit succéder au télescope spatial Hubble en 2014. Observant le ciel dans l’infrarouge ce télescope « pourrait détecter des océans et des éruptions volcaniques à la surface des planètes extrasolaires »

E-ELT pour European Extremely Large Telescope est quant à lui un projet de télescope géant terrestre  dont les travaux devraient débuter en 2011 (à plus de 3000m d’altitude au Chili) pour une entrée en service 2018/2020. Son miroir segmenté (pour des raisons techniques) mesurera 42 m de diamètre, soit quatre fois plus large que le plus grand de nos télescopes actuels! … but affiché : trouver des planètes similaires à la nôtre, apporter des informations sur la composition de leurs atmosphères et y rechercher des biosignatures.

 

--- Info de dernière minute---

29 septembre : une équipe américaine vient d'annoncer (de confirmer) l'existence d'une exoterre potentiellement habitable! Celle-ci, de son joli nom Gliese 581 g, est à peine plus grande que la terre (suffisant pour retenir une atmosphère) et se situe en "zone habitable" (région favorable à l'apparition de la vie, ni trop loin ni trop proche de son étoile afin que l'eau, s'il y en a, puisse se trouver sous forme liquide). Steven Vogt, découvreur de cette planète a déclaré « (...) étant donné la propension qu'a la vie, à s'épanouir partout où elle le peut, je dirais que la probabilité qu'il y ait de la vie sur Gliese 581 g est de 100 %. Je n'ai quasiment aucun doute à ce sujet. ». Mais aussi à propos des exoterres : « Si elles sont rares, nous ne devrions pas en avoir trouvé une si vite et si proche. La fraction de systèmes avec des planètes potentiellement habitables est probablement de l'ordre de 10 ou 20 %, et quand vous multipliez cela par les centaines de milliards d'étoiles dans la Voie lactée, vous trouvez qu’il pourrait y avoir des dizaines de milliards de ces systèmes dans notre galaxie »            

 

 

- En guise de conclusion :

Encore adolescent en 1995 je fus fasciné par cette découverte mais nullement surpris ; c'était pour moi une évidence. Le système solaire ne pouvait pas être unique, c'était trop absurde ; 15 ans et près de 500 exoplanètes plus tard nous savons désormais qu'il est d'une banalité confondante... Peut-être aviez-vous déjà entendu parler d’exoplanètes et dans ce cas vous feriez partie d’un club de privilégiés (une majorité de personnes ne sait même pas qu’il existe d'autres mondes en dehors de notre système solaire, quand certains en 2010 croient encore que le soleil tourne autour de la terre!). Dans le cas contraire j’espère avoir contribué par cet article, que j’ai tenté de rendre le plus clair possible (et malgré son côté plutôt technique), à vous ouvrir de nouvelles perspectives… Je suis viscéralement convaincu que la vie est un phénomène universel et grâces aux prodigieuses avancées en exobiologie et exoplanétologie nous avons de grandes chances d'obtenir des réponses à cette question essentielle dans les prochaines décennies! La recherche d'exoterres ne fait que commencer et il est plus que probable que les 15 années à venir nous offriront des découvertes extraordinaires, avec pourquoi pas une ou plusieurs planètes abritant la vie.

A suivre…


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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 21:00

band energie

 

Fatigues physique et mentale, bien que d'origines diverses, sont intimement liées. Une simple autopsie de notre environnement physique, de notre mode de vie, suffit dans la plupart des cas à nous éclairer sur notre absence ou non de tonicité. La fatigue psychique quant à elle, de par sa nature subjective, est bien plus difficile à disséquer. Quoi qu'il en soit constatons simplement que la question de l'énergie est cruciale pour notre développement personnel ; indispensable notamment quand il s'agit de réfléchir, tant l'activité cérébrale demande de ressources.

 

Nos activités, nos rapports aux personnes, aux choses, aux idées, peuvent donc être considérés en terme de « flux d'énergie ».

Depuis quelques temps j'ai pris l'habitude d'aborder le monde de ce point de vue, tirant de cette approche des bénéfices appréciables. La méthode, simplissime, est la suivante: il s'agit de déterminer si l'objet que l’on se propose d’analyser se classe dans la catégorie "énergétique" ou "énergivore",  puis dans un deuxième temps de savoir si celui-ci est nécessaire ou non, et enfin agir en conséquence. Si, par exemple, je juge qu'une activité est énergivore et inutile je m'applique à y mettre fin quand bien même son maintient semblerait anodin, mon objectif étant d'éliminer ce qui m'épuise pour investir ailleurs l'énergie ainsi récupérée... Attention, quand je parle d'utilité il faut comprendre que je ne pense pas tant à ce qui m'est biologiquement nécessaire qu'à ce qui est profitable à mon évolution intérieure. Ainsi se rendre à une exposition, philosopher sous les étoiles avec un ami, voir un film, méditer, lire (…), peut d'un point de vue terre-à-terre être considéré comme inutile alors qu'au contraire j'estime cela comme étant essentiel à mon développement, à mon ouverture d'esprit (d'ailleurs dans ce cas il s'agit d'activités énergétiques et non énergivores). Concernant les relations humaines: si, comme à chaque fois, au sortir d'une conversation d'avec X vous vous sentez vidé(e), exténué(e), déprimé(e), alors il est temps de vous poser la question de l'utilité de cette relation. Vous me rétorquerez que parler d'utilité dans ce cas précis est une façon bien froide d'aborder les rapports humains ; mais ce cannibalisme psychique est-il acceptable de la part d'un conjoint, d'un(e) ami(e), d’un(e) collègue, d'un membre de sa famille? La parole peut désamorcer bien des tensions et couper les ponts n'est évidemment que l'ultime recours. Mais si cette personne ne veut toujours rien entendre malgré vos efforts pour lui expliquer qu'elle dévore votre énergie alors l'éloignement est, dans votre intérêt, hautement recommandable. Sauf si bien sûr vous trouvez un avantage "moral" à cette position de martyre... Au contraire si une personne, une activité ou une situation vous donne l'impression de remplir vos batteries alors il ne faut pas hésiter à exploiter le gisement. À condition bien sûr que ce transfert d'énergie ne se fasse pas au détriment de quelqu'un d'autre (la collaboration, l'entraide, la symbiose, sont tout à fait possible et il est temps de mettre fin à la dictature du « manger ou être mangé », vision caricaturale de la nature qui doit son succès à l'avènement de nos sociétés capitalistes)... Je vous laisse le soin de dresser pour vous-même la liste des situations se prêtant à expérience...


Notez bien qu'il ne s’agit pas d’une méthode philosophique, mais plutôt d’un préalable à tout travail de réflexion…

 

Il est facile de railler les gens peu ouverts d'esprit, peu enclins à méditer, qui se défendent en prétextant un manque de temps quand on les accuse de fainéantise, de déni, d’hypocrisie, etc (j’en sais quelque chose ayant déjà cédé à cette facilité). Ces raisons ne reflètent qu’une partie de la réalité, car il faut bien reconnaître qu'une personne "vidée" ne pourra pas réfléchir avec application, elle n'en aura tout simplement pas la force... Depuis quelques temps mes propres réflexions se sont faites en parallèle de ce grand ménage, faute de quoi je me serais éparpillé dans de multiples directions sans vraiment aller au bout des choses (comme c’était le cas pendant des années), dilapidant mon capital énergie. Suite à ce travail de tri énergétique (ainsi que par convictions) certains de mes proches, me voyant rejeter bons nombres des codes et activités de notre société de consommation, se sont gentiment moqués de mon ascétisme. Amusant mais inexact. L’ascétisme est un rejet de la réalité au profit d’une autre réalité prétendument supérieure et personnellement je n'ai nullement l'intention de délaisser cette terre au profit d'un quelconque arrière-monde. Il s’agit de privilégier la qualité à la quantité (alors que dans notre société de croissance plus = mieux), de profiter de l’essentiel et de se réapproprier son énergie vitale...

 

Si vous vous sentez concerné(e) par cet article, que vous ne disposez pas de l’énergie nécessaire pour penser le monde avec lucidité, dépassé(e) que vous êtes par les événements, je vous encourage avant toute chose à vous poser la question suivante "ai-je réellement envie de changer cette situation?". En effet vous pourriez très bien être satisfait(e) d'une vie de relative ignorance, rassurante au possible (c’est tout à fait respectable, à condition que vous en soyez conscient(e) et que vous l’assumiez). Dans le cas contraire il va vous falloir faire un peu de ménage. Pas besoin d’être devin pour voir que nous vivons une époque charnière de l’histoire contemporaine, il serait donc dommage de passer à côté par manque d’énergie…


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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 15:11

band coherence

 

Nous possédons des goûts, des convictions, des valeurs que nous défendons plus ou moins farouchement. Ces éléments constitutifs de notre personnalité, loin de former un tout homogène, sont source d'incohérences que l'on nomme affectueusement, et pour éviter toute douloureuse remise en question, "petites contradictions". Notre esprit étant un bric-à-brac d'influences, d'expériences et de déterminismes divers, l'aspect chaotique de notre personnalité est donc compréhensible. Mais que la chose soit "normale" ne signifie pas qu'il ne faille rien y faire. Je suis persuadé (peut-être l'êtes-vous aussi) qu'une partie du mal être de beaucoup de monde découle du sentiment de culpabilité, refoulé ou non, né de la friction entre pensées antagonistes. Refuser de régler le problème sous prétexte qu'il s'agit après tout de votre "personnalité" (et que par conséquent c'est comme ça, vous n'y pouvez rien) soulage sur l'instant mais se révèle néfaste sur le long terme, car avec le temps l'esprit perd de sa flexibilité, de sa malléabilité, devenant à terme inapte au changement. Il est donc essentiel de s'intéresser à ces "petites contradictions" qui sont comme l'écharde dans le pied: minuscule (en apparence en tout cas), et pourtant vous ne pouvez avancer sereinement sans y penser. Diriez-vous que l'écharde fait partie intégrante de votre pied et que vous n'y pouvez rien?...

 

En simplifiant nous pouvons distinguer deux facettes de notre "personnalité": notre moi profond et notre persona. La première entité correspond à ce qui est inaccessible aux autres (inconscient et conscient), la deuxième étant ce masque que nous mettons en public, ce que les autres voient de nous. Notre être profond est le fruit de multiples déterminismes (biologiques, sociaux, familiaux…) et de multiples accidents de notre existence. Notre persona quant à elle est une simple représentation, une construction née de nos attentes et de celles de notre entourage ; elle correspond donc à une forme "idéalisée" de notre personnalité. De cette antinomie naissent de nombreux conflits internes. Comme tout le monde je me suis construit une persona, mais cette construction étant artificielle il était alors inévitable que naissent des frictions entre elle et le bric-à-brac de mon esprit. Quel parti prendre? Me fallait-il jeter ce "masque" et m'abandonner à cette chose baroque qu'est mon moi profond, ou au contraire fallait-il nier ce dernier et "devenir" mon masque? Cette alternative était bien évidemment trompeuse, car elle laissait croire qu'il n'existait pas d'autre solution. Pourtant, j'ai fini par entrevoir une autre voie, celle d'une collaboration entre ces deux acteurs. L’objectif étant, en supprimant les principales frictions, de les faire converger, d’harmoniser leurs relations. Il ne s'agit donc pas de choisir l'un ou l'autre, mais d'effectuer un travail sur les deux: remodeler notre persona en éliminant les éléments bien trop éloignés de notre moi profond et œuvrer sur ce dernier afin de le faire davantage correspondre à nos aspirations humaines/spirituelles/(…).

 

Il y a à peu près un an de cela j'arrêtais définitivement de consommer Coca et Mac do (exemple trivial certes, mais exemple assez révélateur). J'étais complètement accroc à ces marchandises, et la force de l'habitude n’arrangeait pas les choses. De bien maigres circonstances atténuantes, insuffisantes en tout cas pour justifier le maintient d’une situation hypocrite. En effet d'un côté je tenais des propos ma foi sincères contre l'uniformisation culturelle, le formatage des esprits, les multinationales et leurs méthodes douteuses (…) ; et d'un autre côté je mâchouillais tranquillement mon Big-Mac en l'arrosant d'une gorgée de Coca. Je tenais là une belle incohérence! Cette "petite contradiction" était cause d’un malaise diffus mais tenace. L'arrêt de la consommation de ces produits était donc important, car il s'agissait là d'une action symbolique dans ma quête de cohérence. Quête qui ne se limite bien évidemment pas à une simple question de consommation, mais cet exemple, de part son aspect commun, illustre bien ce problème d’inconséquence.

 

Ma démarche est, en premier lieu, bien plus égoïste qu'idéologique ; objectif : sérénité. Une fois atteinte celle-ci me permet d'avancer sur le plan personnel en me permettant d’utiliser au mieux mon temps et mon énergie (pour au final, si possible, gagner en sagesse). Bien qu'égoïste au départ  ce « programme cohérence » finit par être profitable à mon entourage dans la mesure où j'élimine petit à petit mon hypocrisie et leur offre davantage de sincérité.

 

 

Je vous encourage donc à ne pas considérer vos "petites contradictions" comme fatalement indissociables de votre personnalité, mais comme un frein à votre sérénité et à l'honnêteté de vos rapports aux autres. Toutefois, cette quête de cohérence ne doit pas être vécue comme une obligation, sous peine de créer davantage de frictions. Au contraire vous ne devez l'entreprendre que si vous en ressentez profondément la nécessité. Après tout il s’agit d’un travail de construction, de création, à accomplir dans la joie ; et non d’un acte de destruction fait de sacrifice et d’auto-flagellation…


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Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 14:05

band europe chute 2

 

L'Europe est en chute libre, l'altimètre voit rouge. Malgré cela on nous annonce que tout va bien, qu'il ne s'agit que d'un désagrément passager et que l'euro "en a connu d'autres". Il est temps de voir les choses en face. Quoi que vous pensiez de cette crise sachez une chose: c'est bien pire que ce que vous imaginez.


Devant l'abondance d'articles politico-économiques complexes, donc opaques pour la majorité d'entre nous, je vais tenter de faire concis et simple (au risque d'être parfois un peu simpliste, que les "spécialistes" me pardonnent mes approximations et/ou omissions).
La Grèce a maquillé ses comptes afin de dissimuler l'ampleur réelle de sa dette, lui permettant ainsi de répondre aux critères nécessaires à son entrée dans la zone euro  en 2001. La crise économique de 2008 a achevé un pays déjà fortement endetté et miné par la corruption. L'affaire finit par apparaître au grand jour. S'en suit un affolement général des pays de l'union qui doivent désormais trouver une solution au plus vite, montrer leur détermination et leur capacité à gérer une crise (la stabilité de l'euro et la crédibilité de l'UE sur le plan international sont en jeu). Il faut à tout prix que la Grèce rembourse ses dettes ; mais dans un premier temps l'Europe et le FMI décident de "voler à son secours" avec un plan d'aide de 750 milliards d'euros. En contrepartie de cet apport massif de capitaux les Grecs doivent accepter leur mise sous tutelle financière. Le choix de leur politique budgétaire ne leur appartient plus et un plan de "rigueur" leur est imposé: réduction drastique des finances publiques donc baisse des salaires, recul de l'âge de la retraite, etc. L'euro subit de plein fouet les conséquences de l'épisode Grec et certains pays, affectueusement nommé les "PIGS", sont soupçonnés d'être tout aussi fragiles. Il faut donc prendre des mesures à l'échelle de L'UE afin d'éviter que ce genre de situation désastreuse ne se renouvelle (et ainsi "rassurer les marchés"). La commission européenne envisage donc d'établir un contrôle sur les politiques budgétaires des différents pays de l'UE, premier pas en direction d'une Europe fédérale.

Cette crise n'est pas due au hasard. Des responsabilités sont établies, des coupables sont pointés du doigt. Malgré cela cet épisode nous est présenté comme une fatalité, comme un dégât collatéral de notre mode de vie occidental (on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs). La rigueur imposée aux citoyens grecs,est donc nécessaire, inévitable, car il leur faut bien rembourser leurs dettes ; c'est comme ça que le monde fonctionne. Du moins c'est ce que l'on essaie de nous faire croire dans les mass-média...

Rien n'est moins "normal" que ce qui se passe en ce moment.

Il est crucial de comprendre que la dette des états est en majeure partie (si ce n'est en totalité) constituée des intérêts de prêts contractés auprès de banques privées. Cela vous semble peut-être normal, après tout, la société a toujours fonctionné ainsi non?  Je vous conseille alors de lire ce précédent article afin de comprendre que l'emprunt étatique avec intérêts auprès de banques privées et tout sauf "normal", et qu'il s'agit d'une situation plutôt récente et totalement illégitime (loi pompidou-giscard pour la France en 1973, article 104 du traité de Maastricht pour l'Europe en 1992). Quand vous comprendrez profondément, viscéralement, que les grecs (et nous bientôt) vont devoir se serrer la ceinture pour sauver les banques (principalement anglo-saxones ; et donc par conséquent sauver le dollar) et leur permettre (à leurs dirigeants, traders et actionnaires) de continuer à faire des bénéfices, alors vous verrez déjà cette crise Européenne d'un autre oeil...
L'état Grec a sans doute sa part de responsabilité (il est fort probable que la plupart des pays de l'UE maquillent eux aussi leurs comptes), mais les véritables criminelles sont les banques et leur système spéculatif destructeur. Vous pensez peut-être que la critique est un peu facile, sachez donc au passage que la banque chargée de maquiller les comptes de la Grèce, la Goldman sacks, en partie responsable de l'affaire des subprimes (à l'origine de la crise de 2008), spéculait sur la dette grecque, lui permettant ainsi de générer de confortables bénéfices en cas d'effondrement du pays, ce qui en dit long sur la déontologie de ces truands.
Une chose encore: ces 750 milliards promis (somme colossale, difficilement concevable), d'où viennent-ils? De nulle part! Disons plutôt qu'ils n'existent pas encore car ces sommes devront être empruntées avec intérêts auprès des banques. Où l'art de rembourser des dettes en créant davantage de dettes! Comment peut-on nous faire croire que cette politique est viable à long terme et qu'elle ne sert pas à engraisser Goldman sachs et ses amis de la vampirisation internationale?

Quant à l'intervention du FMI au sein de l'UE cela ne peut qu'effrayer ceux qui connaissent les pratiques de cette institution. Si vous n'en savez rien permettez-moi de résumer leurs méthodes: Vous êtes un pays du sud, sous-développé (donc inférieur) et vous désirez accéder au niveau de vie des plus riches (consommation frénétique, gaspillage, pillage, loisirs, etc), le Fond Monétaire International (ou la banque mondiale) vous prête donc généreusement de l'argent, que vous devrez rembourser avec intérêts (conséquents). Comme la plupart de vos amis du sud vous ne pouvez rembourser et devez vous soumettre à ce qu'ils nomment "plans d'ajustements structurels". Concrètement vous devez vous serrer la ceinture, faire des sacrifices (santé, scolarité, nourriture, etc), accepter le pillage de vos ressources et vendre vos biens publiques pour rembourser vos dettes... Que cette politique soit due principalement à de l'incompétence (comme le soutient Joseph Stiglitz, ancien directeur de la Banque mondiale), ou qu'il y ait un objectif géopolitique néolibéral ne change rien au constat suivant : Le FMI est une machine à asservir/appauvrir les peuples... Que cette "institution" prenne pied en Europe est donc plutôt inquiétant. D'ailleurs, si ce n'est déjà fait, il est plus que temps de vous interroger sur le soit disant "socialisme"de Dominique Strauss-Kahn, actuel directeur du FMI.


Il semble désormais inéluctable, à court ou à moyen terme, qu'on nous demande à nous français de faire des sacrifices pour la même raison: rembourser nos dettes. Ce n'est qu'une question de temps avant que notre politique budgétaire ne soit décidée par des gens non élus (censés représenter l'Europe), marquant ainsi un triste recul de la démocratie (déjà bien malade).
Dans notre pays, marqué par les luttes sociales, ces restrictions ne se feront pas sans heurts. Les seuls moyens de contrôler un peuple en colère sont la répression policière et la manipulation médiatique. Il est fort à parier que les deux méthodes seront utilisées ; et on essaiera, plus que jamais, de vous faire croire que vous êtes libres et que vous avez le choix (entre Sarkozy et DSK en 2012 par exemple).


Ne vous laissez pas endormir et restez vigilants! Les temps que nous vivons sont décisifs...

 

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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 14:52

ne jamais dire

 

En ce moment la liberté d'expression est omniprésente. Je devrais plutôt dire, pour éviter tout malentendu, qu'on en parle beaucoup. Car la liberté d'expression est plutôt moribonde. Plusieurs sujets ont contribué à souiller le débat non pas par leur (soit disant) caractère "illégitime" ou "indigne" mais par leur instrumentalisation. Dignes pourtant d'intérêt ils sont même un terrain idéal à l'exercice de cette liberté. Manipulateurs et désinformateurs ont bien fait leur boulot et mieux encore : non contents d'avoir retiré du débat public nombre de questions pertinentes ils ont même réussi à rendre suspect tout débat sur la liberté d'expression elle-même...

 

Vous êtes à une soirée entre amis/collègues, vous vous ennuyez ferme et ne savez comment sortir de cette impasse. Ne vous inquiétez pas, j'ai pensé à tout en préparant pour vous une liste de thèmes à aborder afin de plomber l'ambiance. Rassurez-vous, il y a peu de chances qu'un débat de plusieurs heures ne vous retienne à cette soirée, les échanges verbaux (ou plutôt les aboiements) qui s'en suivront seront plutôt brefs et désagréables. Ainsi je vous propose:

réouverture de l'enquête sur le 11 septembre | danger et/ou inefficacité du nucléaire civil | attitude de l'armée Israélienne sur les territoires occupés | OGM | critiquer le dogme du réchauffement climatique | parler du Bilderberg, de la trilatérale, du cfr, etc | islam | parler de gouvernance mondiale | danger et/ou inefficacité de la vaccination | remettre en cause le dogme de la croissance | la Francafrique | Big Brother | parler de l'emprise mondiale des banques | remettre en cause le système capitaliste (liste non exhaustive) ...

Ainsi s'ennuyer en soirée ne sera plus une fatalité, mais un choix. Ami débutant, un indice > Si tu entends un des mots suivant c'est qu'il est temps pour toi de filer en vitesse (à défaut de quoi un lynchage en bonne et due forme n'est pas à exclure) : révisionniste/conspirationniste/raciste/illuminé/antisémite/communiste/paranoïaque/complotiste/réac/sectaire (...) et pourquoi pas Nazi (difficile à obtenir, mais pas impossible si tu t'en donnes la peine)

...

 

Malgré le caractère on ne peut plus sérieux du débat je n'ai pu m'empêcher de sortir mon nez rouge pour ne pas trop effrayer l'internaute de passage. J'ai du mal m'y prendre car j'en vois qui, furieux, quittent la pièce en claquant la porte. Ami lecteur, nous voilà en tête-à-tête et si vous êtes resté c'est qu'un échange est possible (à moins que ça ne soit pour en découdre). Quoi qu'il en soit je suis ravi que vous soyez encore là, nous pouvons revenir à nos moutons (sans mauvais jeu de mots).

 Vous aurez compris que mon but ici n'est pas de donner mon avis, de dire qui a raison et qui a tort concernant les exemples précédents, mais bien de dénoncer l'absence de réel débat, la manipulation et par conséquent l'avilissement de la question primordiale de liberté d'expression. Vous pouvez reprendre chacun des thèmes de ma liste et constater qu'ils sont soit étouffés, soit frappés du sceau de l'indignité. Pourtant, qui pense par lui-même (chose rare de nos jours je vous l'accorde) constate que ces sujets ont tous une base qui mérite qu'on s'y intéresse et qu'on en débatte.

Ne plus combattre pour sa survie ne signifie pas qu'il n'y a plus aucune raison de lutter, au contraire. Le combat change de domaine, passant de celui de la survie à celui des valeurs. La liberté d'expression en est une éminemment noble, maltraitée, déformée, caricaturée, utilisée à tort et à travers, transformée en un simple bien de consommation (soumis, en tant que tel, à toute une série de normes. Modelé, lissé, assujetti à la mode et à l'actualité) et qui mérite qu'on lui accorde un peu de notre énergie. Il est plus que temps d'aiguiser nos lames intellectuelles et pour cela rien de tel que ces sujets dits "polémiques", terrain idéal à l'affinement de votre sens critique. Amis frileux je vous rassure, il n'existe pas de pouvoir occulte, organisé, prêt à étouffer tout propos dérangeant. L'esprit moutonnier est notre véritable ennemi, car il suffit de très peu de gens puissants (politiquement, financièrement, intellectuellement) pour influencer le débat, pour "fabriquer la norme", et l'esprit de conformisme fait le reste. Il est en effet socialement risqué de s’opposer à la majorité et malheureusement il n’est pas rare que l’amitié ou les liens familiaux ne résistent pas à certaines prises de position… Vous constaterez aussi qu'il existe un pendant au conformisme, c'est l'anticonformisme primaire: ainsi pour chacune de ces questions on voit souvent apparaître une série de personnages caricaturaux, devenant dans les médias traditionnels porte-paroles "officiels" de ces sujets "limites" car délibérément mis en avant pour décrédibiliser toute tentative argumentée d'opposition. Il ne tient qu'à vous de démasquer la(les) supercherie(s) et d'en discuter sereinement (si possible) avec vos proches afin de liberer cette "liberté d'expression", prise en otage par les médias, les politiques, l'économie, les faiseurs de dogmes, etc...

 

J'espère de tout coeur vous avoir donné envie de dépasser les apparences, de vous intéresser à ces sujets que la société juge indignes pour y aiguiser votre esprit critique et votre ouverture d’esprit, de démasquer les architectes de la pensée unique et par conséquent de défendre la liberté d'expression, la vraie, cette extension de la liberté de penser et non pas ce gadget fashion qu'elle est devenue...

 


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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 13:03

band frag nouv

 

« Je pense qu'un des aspects les plus tristes de notre temps est la destruction dans la mentalité des hommes de tout ce qui avait un lien conscient avec le beau. La culture de masse, destinée à des "consommateurs", dans notre civilisation tout en prothèses, rend nos esprits infirmes. Elle nous empêche de nous tourner vers les questions fondamentales de l'existence et de nous assumer en tant qu'êtres spirituels. »

« Pour moi, une "
crise spirituelle" est toujours un signe de santé. Elle est une tentative de se retrouver soi-même, d'acquérir une foi nouvelle. Elle est le lot de tous ceux qui se posent des problèmes d'ordre spirituel »

« L'art exprime les besoins spirituels et les espérences, et joue en tant que tel un rôle finalement immense dans l'éducation morale. Du moins, il est appelé à le jouer... Et lorsque tel n'est pas le cas, c'est que quelque chose dans la société va mal... »

« Il n'est pas un héros, mais un penseur et un homme honnête, capable de se sacrifier pour un idéal élevé. Quand la situation l'exige, il n'esquive pas ses responsabilités ni ne les renvoie vers les autres. Et il prend le risque d'être incompris, car sa façon d'agir n'est pas seulement radicale mais aussi affreusement destructrice aux yeux de ses proches (...) il a conscience d'appartenir à un tout, ou, si l'on veut, au destin du monde. Mais en réalité il ne fait qu'obéir à sa vocation, telle qu'il la ressent en son coeur (...) Et ce sont ainsi des efforts individuels, que personne ne voit ni ne comprend, qui soutiennent très probablement l'harmonie du monde »

                             Andrei Tarkovski "le temps scellé"


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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 13:30
graines

C’est avec une joie non dissimulée que j’accueille l’arrivée du printemps et l’apparition des premiers bourgeons.  Au-delà du plaisir contemplatif que j’en retire cette période est aussi pour moi l’occasion de quelques expériences d’horticulture.

 

Quand je dis à mes amis que je jardine ceux-ci me voient en salopette verte, coiffé d’un chapeau de paille, en train de planter choux, carottes, tomates. Du coup quand je leur réponds que je n’ai pas de potager le doute s’installe : à quoi cela peut-il bien me servir de jardiner si je n’en tire aucun bénéfice? Je ne me formalise pas de ce genre de remarques, qui après tout correspondent bien à notre époque où tout ce qui n’est pas utile à l’homme, tout ce dont on ne peut tirer de bénéfices, est considéré comme suspect. Néanmoins, il me faut avouer que cette activité n’est pas totalement désintéressée. L’intérêt étant juste d’un autre ordre que purement matériel.

Entretenir un petit jardin en zone urbaine est un moyen simple d’avoir un bout de nature à portée de regard, de pouvoir l’observer à travers les saisons, d’en tirer un plaisir contemplatif permanent. Plaisir d’autant plus grand que le jardinier n’est pas uniquement spectateur mais aussi organisateur, sélectionneur, soigneur etc.  Activité très égoïste au final mais pas uniquement. En effet je me suis fixé un but que je prends très au sérieux : créer une oasis de biodiversité en zone semi-urbaine.  Pour cela je privilégie les plantes que le jardinier aseptisant appelle « mauvaises herbes » pour les simples raisons qu’elles s’installent sans permission, qu’elles sont très vigoureuses et envahissantes. Pourtant, quand on s’y intéresse on remarque qu’elles sont souvent belles, d’un réel intérêt pour l’écosystème et bourrées de propriétés médicinales. On ne peut pas en dire autant de la majorité des « bonnes herbes » que l’on retrouve dans la plupart des jardins (qui à y regarder de plus près sont souvent des déserts de biodiversité. Rien ne m’attriste plus qu’un jardin taillé au scalpel où l’on trouve à peine deux fourmis, une abeille et quelques mouches)… Depuis plusieurs années je constate une légère différence  dans mon petit carré de verdure : plus d’insectes (en quantité et en diversité), plus d’oiseaux et des plantes qui semblent plus saines. Ce qui m’encourage à poursuivre dans cette voie...

Je fais ma sélection en pleine nature où je privilégie les plantes mellifères, vigoureuses, qui poussent facilement et qui ont, si possible, un intérêt esthétique (bien entendu je ne touche pas aux plantes protégées). Il m'arrive aussi de jouer au nettoyeur en débarrassant le jardin de mes proches de leurs "indésirables".

Mon petit bout de terre est loin de ressembler à une jungle, pas encore en tout cas, c’est un travail de longue haleine. Il est évidemment plus difficile de sélectionner les spécimens en nature, d’attendre la bonne période pour collecter des graines que de faire une razzia de plantes adultes en jardinerie que l’on fait croître à grand coup d’engrais chimiques. Mais je ne suis pas pressé, c’est un réel plaisir de voir ce jardin s’étoffer d’année en année…

Au passage je recommande à tous les anxieux de pratiquer cette activité, apaisante au possible. Cela dépasse même la simple détente tant ce modeste contact avec la nature procure un bien-être incomparable (j'entends déjà râler les citadins : amis de la ville il ne vous est pas impossible d’installer quelques pots en bord de fenêtre, de récolter les petites plantes délaissées qui poussent entre les pavés et d’observer le va et vient des insectes dans la micro-oasis que vous venez de créer. De plus je trouve cela d’un réel intérêt éducatif pour ceux qui ont des enfants).

 

En attendant il est peut-être un peu tôt pour planter en pleine terre, le risque de gelées n’étant pas encore tout à fait écarté (là où j’habite en tout cas). Durant le mois à venir ma chambre se transforme donc en pépinière, mais aussi en laboratoire :

Si vous n’êtes pas spécialiste vous devez accepter la « connaissance » et faire confiance à ceux qui vous apportent les réponses.  L’horticulture est donc pour moi l’occasion de redécouvrir de façon empirique un savoir pourtant facilement trouvable. Je pourrais accepter l’information telle quelle mais l’occasion est trop belle de découvrir cela par moi-même. En ce moment j’expérimente donc sur une dizaine d’espèces dont les graines ont été divisées en groupes : passage ou non au froid, passage ou non dans l’eau (...) combien de temps avant la première pousse, quelle vitesse de croissance, quel pourcentage de réussite? Je ne dispose pas de beaucoup de place, il me faut donc limiter mes expériences. A l’avenir je testerai sans doute différents types de terre, différentes profondeurs de plantation, différentes quantités d’arrosage... Démarche qui n’à aucune prétention scientifique mais plutôt pour objectif de constituer, par l’expérience, un petit savoir  qui bien que modeste n’en procure pas moins un réel plaisir. Et puis quoi de plus beau et fascinant  que la transformation d’une minuscule graine en une plante magnifique.

 

Notre société blasée gagnerait en sérénité à « ré-enchanter le monde » ; à rétablir un contact, fut-il ténu, avec la nature. Mais pour cela il est nécessaire de ranimer le feu de la curiosité qui bien trop souvent s’éteint au sortir de l’enfance…

 


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